Le lessivage de l'azote
Pertes d'azote vers les aquifères
Trois types d'écoulements peuvent contribuer à l'entraînement du nitrate hors de la zone où les racines peuvent le prélever.
Le ruissellement de l'eau à la surface du sol. Ce phénomène apparaît à la faveur de pluies supérieures à la capacité d'infiltration de l'eau dans le sol, il est donc très dépendant de l'état de la couverture du sol. Il contribue généralement assez peu à la pollution nitrique, sauf s'il se produit juste après l'épandage d'engrais, de lisier, de fumier, de boues,... ou en période de pâturage d'animaux.
L'écoulement hypodermique est un écoulement latéral se produisant dans les couches superficielles du sol. Il intervient à la suite de pluies, quand un obstacle limite la vitesse d'infiltration en profondeur (semelle de labour, horizon compacté,...).
Le drainage profond correspond à une infiltration verticale de la solution du sol vers la nappe : c'est la principale source de réalimentation des aquifères. Il débute chaque année à partir du moment où le sol est saturé en eau. Au cours de son infiltration au travers du sol et du sous-sol, l'eau de drainage se charge en nitrate (ainsi qu'en autres anions et cations) et se déplace progressivement en profondeur selon un effet « piston ». Ce déplacement est assez lent dans les matériaux non fissurés (0,5 à 0,7 m.air1 dans la craie) pour des pluviométries de l'ordre de 500 à 700 mm.air1, mais peut être supérieur à un mètre par an dans les sols filtrants, en présence d'une forte lame d'eau drainante.
En France, sous un climat atlantique ou semi continental, les fuites d'azote se produisent généralement en automne et surtout en hiver, à une période de l'année où l'évapotranspiration du couvert végétal est faible. Elles sont d'autant plus importantes que le stock de nitrate présent dans le sol au début de la période de drainage est important, que la pluviométrie hivernale est forte et que la capacité de rétention en eau du sol est faible.
Pour un type de sol donné, le système de culture joue également un rôle déterminant.
Ref.: Guide de la fertilisation raisonnée (2005) C. Schvartz, J.C. Muller, J. Decroux sous l'égide du COMIFER, Ed. France Agricole

