Actualité du marché Azote
Bilan de campagne 2008-09
(27/07/2009 11:02:12)Les fortes fluctuations du prix des engrais au cours de la campagne 08/09 auront certainement pesées sur les choix de fertilisation des agriculteurs. A savoir des ventes d'engrais en baisse de l'ordre de -10% pour les azotés simples et de -50% pour les NPK. Les récoltes vont se terminer dans quelques jours et ce sera l'heure du bilan pour les agriculteurs tant en quantité qu'en qualité.
Malgré des conditions climatiques assez favorables pour un bon potentiel de rendement, il est probable que des quintaux et des % de protéines seront absents faute d'avoir trouvé les nutriments nécessaires. Bien que la quantité d'engrais soit le premier facteur à prendre en compte, la forme chimique et la qualité de l'épandage sont également importants. Ainsi, le choix de l'engrais et la technicité de l'agriculteur reste primordiale.
Un sondage récent réalisé par BVA auprès de 654 agriculteurs pour le compte de 5 producteurs d'azote montre que pour 76 % des agriculteurs l'ammonitrate est resté en 2009 l'engrais le plus fréquemment utilisé. Même si le prix reste le critère de choix le plus souvent mentionné, le choix de l'ammonitrate s'explique par le fait que les agriculteurs classent cette forme d'engrais loin devant toutes les autres.
Agronomiquement, 90% des agriculteurs savent que l'ammonitrate permet rendement et protéines parce qu'il fournit la forme d'azote la plus assimilable par la plante. Ils sont également 60% à apprécier sa qualité physique qui permet d'effectuer des épandages réguliers en grandes largeurs sans sur-dosage ou sous-dosage. La campagne 2009/10 s'ouvre sur fond de fin de crise et avec des prix de matières premières plus raisonnables. Aussi, il est à prévoir que le bon sens paysan reprenne le chemin d'une fertilisation efficace, raisonnée mais aussi productive. Les raisons de produire plus et mieux mises en avant dans l'euphorie de 2008 sont toujours d'actualité. N'oublions pas que l'évolution de la population mondiale ne s'est pas arrêtée avec la venue de la crise et que la France reste un des pays agricoles qui devra nourrir les pays qui n'ont pas la chance d'avoir des terres fertiles.
Les producteurs d’azote dans le monde
(17/07/2009 18:47:05)Union Européenne
La production en Europe Occidentale est concentrée à près de 50% par Yara. Depuis le rachat de Kemira, Yara représente le leader incontesté en volume de production, grâce à des unités notamment en Allemagne, Pays-Bas, France, Belgique, Italie, Norvège et Suède., mais aussi à Trindad, au Qatar, en Lybie, …
Les autres producteurs sont d’envergure plutôt nationale, avec un nombre plus limité d’installations, et qui s’appuient essentiellement sur leur marché régional : GPN bien sûr, mais aussi Fertiberia (Espagne), AMI (Autriche), K+S Nitrogen….
La situation actuelle du marché de l’azote a beaucoup affaibli ces producteurs Européens, car les prix du gaz n’ont pas décru avec la même ampleur que le marché des engrais !
De nombreux ateliers s’arrêtent de janvier à mars 2009, puis reprennent fin mai : la demande reprend du fait que le prix des nitrates est désormais extrêmement compétitif, non seulement par rapport aux autres formes d’azote mais aussi en proportion du revenu issu de la tonne de blé.
Malgré tout, l’arrêt programmé d’Ijmuyden (usine de DSM) et de l’accident de Tertre (usine de Yara) affectent sensiblement l’offre sur le marché des nitrates puisque ce sont près de 600000T d’engrais qui disparaissent momentanément.
Aujourd’hui, le niveau des prix en Europe pour tous ces producteurs n’est pas tenable sur la durée, les marges ne permettant pas de couvrir des frais fixes qui restent parmi les plus élevés du monde.
Les producteurs d’azote dans le monde
(17/07/2009 18:44:02)Chamboulement du contexte
La campagne 2008/2009 a été caractérisée par l’éclatement d’une bulle qui avait touché l’ensemble des matières premières agricoles et industrielles, aboutissant notamment à l’effondrement des prix des engrais azotés entre décembre 2008 et janvier 2009.
Les fortes variations de prix ont pu altérer injustement la confiance des agriculteurs envers leurs fournisseurs d’engrais, puisque pendant la campagne de printemps coexistaient des prix extrêmement variés selon que les distributeurs avaient pu acheter et stocker leurs produits pendant ou après le pic. C’est en fait l’ensemble de la filière qui a été prise au dépourvu, tant par la vitesse que l’amplitude de la chute des prix.
Cette grande confusion, combinée au manque de visibilité sur les cours des céréales ont abouti à une forte compression de la demande en Europe, provoquant des arrêts d’ateliers (chômage technique) en cascade depuis janvier.
Alors que les prix des engrais azotés ont fortement chuté et atteint un niveau bas historique en juin 2008, on peut d’interroger : quelle est la durabilité de cette situation ?
Les prochaines semaines, N Direct ne va pas jouer les experts en prospective, mais simplement analyser l’impact de la situation du marché de l’azote sur quelques gros acteurs de l’offre, c’est à dire sur le fonctionnement actuel des unités de production. Cette semaine : l’Europe de l’Ouest.
Energie: driver de l’industrie de l'azote
(29/06/2009 11:52:49)La fabrication de fertilisants et plus particulièrement de fertilisants azotés nécessite une quantité importante d’énergie. La flambée des cours que le marché a connu en 2008 est certes due à un déséquilibre offre / demande lui-même généré par une demande mondiale ponctuellement très soutenue, mais elle est également liée à des coûts de production qui se sont littéralement envolés avec la flambée de l’énergie.
Pour fabriquer des fertilisants azotés, la matière première utilisée est l’azote gazeux présent à hauteur d’environ 80% dans l’air. Si cette ressource est disponible sans limite, il faut en revanche disposer d’une source énergétique pour la synthétiser en ammoniac, ingrédient de base de tous les engrais azotés. Dans l’immense majorité des cas il s’agit du gaz naturel et celui-ci représente jusqu’à 80% des coûts de fabrication de l’ammoniac… On comprend mieux dès lors l’importance de l’évolution du marché du gaz sur le marché de l’azote.
Le gaz est un marché énergétique à part entière mais qui est fortement corrélé aux autres marchés énergétiques et au pétrole en particulier (cf. graphique ci-dessous).
Le marché du gaz naturel est très fortement corrélé à celui du pétrole – Source : NYMEX Avril 2007 à Juin 09 - Pétrole USD / Baril (en haut) et gaz naturel USD/MMBtu (en bas)
Reste que d’un marché à l’autre, le gaz naturel peut avoir des écarts de valeur importants. Les pays producteurs de gaz ont en effet généralement des accords commerciaux à long terme avec leurs industriels qui disposent donc de ressources garantie à des prix fixes et bon marché. Les industriels Russes ont ainsi acheté leur gaz en 2008 à 2.04USD/MMBtu (source : Azotecon) alors que leurs homologues Ukrainiens accédaient sur la même période à un prix d’achat d’environ 8.00USD/MMBtu.
Autre possibilité d’écart du prix du gaz, le déséquilibre entre 2 marchés. C’est le cas que nous rencontrons actuellement entre les Etats-Unis et l’Europe. Les USA font face à une très forte baisse du marché du gaz (au plus bas depuis 2002) en raison d’un contexte économique particulièrement sinistré et d’une demande en produits agricole en très fort replis.
Des coûts de fabrication au plus bas, un marché local atone et un taux de change favorable, voici les 3 explications aux très concrètes importations de solution azotée américaine que nous connaissons sur le marché Français depuis le démarrage de campagne.
Campagne 09/10, les clés pour agir
(22/06/2009 20:07:38)Les campagnes se suivent et ne se ressemblent pas ! Après deux années consécutives de hausse, la campagne prochaine s’annonce sous des hospices très différents. Pour vous aider à prendre les bonnes décisions nous nous vous livrons ici les 3 facteurs économiques clé à prendre en compte pour optimiser et sécuriser votre poste engrais :
- L’Euro/dollar : la quasi-totalité de l’urée et une grande proportion de la solution azoté est importée de pays en zone dollar. La récente baisse du dollar à permis pour une large part une baisse des prix. Avec un déficit de sa balance commerciale très dégradée des USA, le dollar présente encore un potentiel de baisse vers les 1.50-1.60, qui constituent le niveau bas historique. Néanmoins, la confirmation d’une reprise économique pourrait constituer pour les Etats-Unis une opportunité de rétablir la confiance dans le Dollar qui reste, dans un monde chahuté par une crise sans précédent, une valeur refuge. Les signes de cette reprise sont à guetter pour pouvoir apprécier la capacité du marché à repartir à la hausse. Les engrais « domestiques » quand à eux (Ammonitrates 33.5 et 27) sont moins exposés aux fluctuations du Dollar et peuvent apparaître comme plus « prévisibles » en prix.
- Le pétrole : les engrais azotés sont issus du cracking d’énergie fossile, le gaz naturel en particulier. Après avoir atteint des niveaux très bas au printemps, le pétrole et le gaz sont aujourd’hui sous la pression d’une spéculation de reprise économique dans un contexte d’offre pléthorique ! Là encore la réalité de la reprise devrait rapidement clarifier cette situation : si reprise il y a réellement alors nous devons nous préparer à retrouver des cours de produit pétrolier élevés entraînant dans leur sillage l’ensemble des engrais azotés. Et si la reprise ne vient pas ? le pétrole et le gaz repartiraient à la baisse, ramenant les engrais azotés sur les niveaux bas historiques en excluant une partie importante des producteurs mondiaux (Ukraine en particulier dont les coûts de production ne seraient plus compétitifs).
- Les matières premières agricoles : le cours des céréales (maïs et blé) restent, de très loin le plus important facteur influençant le prix des engrais. Que les cours repartent à la hausse et c’est l’ensemble des agriculteurs de la planète qui chercherons à maximiser leurs rendements et reviendrons en masse vers la fertilisation (azotée surtout !). La solvabilité des agriculteurs et le besoin de sécuriser l’alimentation par les gouvernements (Inde, Chine, Pakistan…) nous ramèneraient dans un cycle de hausse dont l’ampleur peut, on l’a vu, dépasser les limites du raisonnable.
Ces trois facteur sont à combiner pour se faire une opinion sur la période d’achat idéale en ne perdant pas de vue l’essentiel : l’engrais doit être disponible sur l’exploitation au plus tard en Janvier pour...
Analyse de marché du 15 juin 2009
(15/06/2009 16:14:18)La nouvelle campagne a démarré sur les chapeaux de roue avec une demande en Europe de l’ouest très soutenue par les prix actuellement disponibles.
Le marché de la solution azotée semble avoir atteint son point bas et marque actuellement une pause, après une phase de vente extrêmement dynamique au cours des dernières semaines. Les agriculteurs ayant la capacité de stocker leur solution azotée ont désormais couverts leurs achats dans la majorité des cas. La mise en veille de ce marché liquide n’est cependant pas uniquement due à la saturation des cuves de stockage à la ferme. Elle est aussi liée au lancement début juin de la campagne ammonitrate, avec un positionnement prix parfaitement compétitif avec à la solution azotée. En revanche, l’urée granulée est à ce jour trop cher pour pouvoir trouver un positionnement cohérent sur le marché.


